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La perte d’autonomie chez les ainés : quelles solutions ? 1ère partie

Le Dr Chatot-Henry Carolle, gériatre, nous présente différents volets de la perte d’autonomie chez les aînés : comment la définir ou la dépister ? Quelles en sont les conséquences ? Une fois installée comment y faire face ?

Autant de questions qui seront déclinées par une approche globale et systémique.

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Dr Carolle Chatot-Henry

Pourquoi s’intéresser à la problématique de l’autonomie des personnes âgées en Martinique ?

Les chiffres interpellent et une situation bien particulière s’affiche ; en effet la population martiniquaise a diminué de 3,1 % entre 2008 et 2013, alors que celle de l’hexagone a augmenté de 2,4 %. Egalement la population âgée de « 75 ans et plus » a progressé de 20% entre 2008 et 2013 (soit +3,8% de croissance annuelle contre 1,8% au niveau national). Le territoire est donc vieillissant avec une progression de la « dépendance » à domicile. A ceci s’ajoutent de faibles niveaux de ressources pour les personnes âgées sur le territoire mais aussi de façon plus générale en situation de handicap.    

En Martinique en 2008, 73 000 personnes sont en situation de handicap soit 18% de la population (INSEE, Enquête Handicap –Santé). L’augmentation des handicaps avec l’âge (57,5 % des personnes souffrant de handicap ont plus de 60 ans, soit 42 000 personnes) accentue la problématique de la perte d’autonomie sur l’ensemble du territoire.

Comment définir l’autonomie et par conséquent la « perte d’autonomie » ?

Selon l’OMS (organisation mondiale de la santé), l’autonomie est la capacité à se gouverner soi-même ; elle présuppose la capacité de jugement c’est à dire prévoir et  choisir et la liberté d’agir, d’accepter ou de refuser en fonction du jugement.

La mesure de l’autonomie se fait par des professionnels de santé à l’aide de deux grilles

  • ADL (activity daily living) qui permet de quantifier la faisabilité de faire sa toilette, s’alimenter, s’habiller, se mouvoir
  • et I-ADL pour scorer la possibilité ou non de faire ses achats, d’utiliser les transports… Cette 2ème grille complète la première, étant plus sur le versant cognitif de la personne âgée.

Quels sont les premiers signes de la perte d’autonomie ?

Le plus souvent le tableau est progressif avec des signes d’alerte qui interpellent l’entourage du parent : des troubles de l’équilibre tels que des trébuchements ou chutes, des difficultés à se lever, une personne âgée qui n’a plus d’horaires pour manger, un réfrigérateur vide ou contenant des aliments périmés, un manque de planification ou d’organisation notable, une prise de médicament oublié, sont autant de « petits » signes très importants à rapporter au médecin traitant afin de pouvoir mettre en place des mesures adaptées à la situation et au choix de la personne. 

Que faire en cas de perte d’autonomie ?

  • Le médecin traitant est le pilier dans l’organisation du parcours de santé, tout autant que le pharmacien et les différents partenaires médico-sociaux. Avec le concours de spécialistes, un maintien à domicile sera optimisé : correction d’une cataracte, d’un trouble auditif, stabilisation des pathologies chroniques, équilibration des traitements seront des cibles pour limiter la perte d’autonomie.
  • Face à cette perte d’autonomie, le médecin traitant peut mettre en place un service de soins infirmiers à domicile, d’ergothérapeute, ou d’autres professionnels de santé selon les besoins identifiés. Son évaluation et son expérience de terrain sont des atouts indéniables pour répondre à la cartographie sanitaire des ainés.

Des pertes d’autonomie dites « évitables » ?

Agir le plus en amont possible en repérant les facteurs favorisant les incapacités et les causes provoquant la survenue de la perte d’autonomie est une réalité de terrain que tout professionnel de la gérontologie peut cibler.

1) Adapter le logement à la perte d’autonomie est une des conditions essentielles pour permettre aux personnes âgées de continuer à vivre à leur domicile. Différentes actions existent par exemple :

  • un kit prévention – financé par les caisses de retraite – composé d’un ensemble d’aides techniques (domotique, chemin lumineux, télé-assistance …) est à installer dans le logement en fonction des besoins définis par un évaluateur. La prévention des chutes est aussi recherchée puisqu’étant la première cause de décès accidentel chez les seniors,
  • le crédit d’impôt pour adaptation du logement, en vigueur depuis 2005, est élargie aux technologies nouvelles de soutien à l’autonomie au domicile.

2) Conforter la mobilité permet à la personne âgée de maintenir des capacités physiques restantes ; ainsi la fragilité – source de perte d’autonomie potentielle – peut être réversible sachant qu’elle relève souvent d’une diminution de la vitesse de marche, d’une faiblesse musculaire, ou d’une sédentarité ….

3) Prévenir les risques de dépression

La dépression – cause importante de perte d’autonomie – concernerait 15 % des plus de 65 ans vivant hors institution et 40 % de ceux résidant en institution. Elle diminue la durée de vie, augmente le risque somatique, le recours aux soins et à l’hospitalisation.

4) Prévenir les troubles sensoriels

Le handicap auditif est estimé à plus de 5 millions de personnes, soit environ 8 % de la population française (30 % des personnes de plus de 75 ans). Le traitement repose sur l’appareillage auditif mais seuls 40 % des malentendants âgés sont appareillés.

Source : plan national d’action de prévention de la perte d’autonomie sur le site social-sante.gouv.fr

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