Face au manque de personnel et à la crise des vocations, la technologie s'invite progressivement dans les couloirs des EHPAD pour épauler des équipes sous tension. Des capteurs anti-chute aux robots thérapeutiques, l'automatisation gagne du terrain. Si cette transition transforme déjà le quotidien des soignants et des résidents, elle ne remplace pas pour autant le cœur du métier : l’accompagnement humain. C’est une évolution qui pourrait bientôt concerner de près la Martinique, elle aussi confrontée à un vieillissement particulièrement rapide de sa population.

Ils ne cherchent pas à rester jeunes à tout prix : Ils refusent simplement que l’on résume leur identité à leur âge. Les « nolds », contraction de « never old » (« jamais vieux »), désignent des femmes et des hommes qui ne se reconnaissent plus dans les catégories traditionnelles de l’âge.
« Vous avez quel âge ? »
À quel moment devient-on vieux ? À 50 ans ? À 60 ans ? À la retraite ? Pour une partie des quinquagénaires et sexagénaires, la question ne se pose plus dans les mêmes termes qu’autrefois.
À 55 ans, certains ont encore des enfants à charge. À 60 ans, d’autres créent leur entreprise. À 65 ans, ils préparent un voyage, apprennent une langue étrangère ou s’inscrivent à une formation. Dans le même temps, la société continue souvent à les ranger dans la catégorie des « seniors ».
C’est précisément ce décalage qui a donné naissance au terme « nold », une marque déposée. Créé en 2021 par Anne Thevenet-Abitbol et Charlotte Darsy au sein de Danone, le concept s’est ensuite développé autour d’une communauté réunie sur Instagram et un site internet dédié.
« Être « nold », c’est une question d’état d’esprit, avec un pied dans le passé qui fait marrer et un pied dans le futur qui fait avancer explique Anne Thevenet-Abitbol dans un article publié dans Ouest-France en décembre 2023.
Trop jeunes pour être vieux, trop vieux pour être jeunes
Pendant longtemps, les étapes de la vie semblaient clairement définies : études, travail et retraite. Aujourd’hui, les frontières sont beaucoup plus floues.
Les sociologues observent ce phénomène depuis plusieurs années : l’âge ressenti ne correspond plus toujours à l’âge inscrit sur la carte d’identité. Pour le sociologue Ronan Chastellier, le succès du terme Nold traduit l’émergence de cet entre-deux entre les catégories traditionnelles de la jeunesse et de la vieillesse.
Cette évolution s’explique en partie par l’allongement de l’espérance de vie et l’amélioration de l’état de santé à des âges plus avancés.
Une réponse aux stéréotypes liés à l’âge
Le terme Nold ne renvoie pas seulement à une question d’âge. Ses créatrices présentent le mouvement Nold comme une réponse à ce qu’elles qualifient d’âgisme ordinaire.
L’Organisation mondiale de la santé considère l’âgisme comme l’une des discriminations les plus répandues dans le monde. Selon son Rapport mondial sur l’âgisme publié en 2021, une personne sur deux dans le monde aurait des préjugés à l’égard des personnes âgées.
Derrière ce terme se cachent des réalités très concrètes : un candidat jugé trop âgé pour un poste, une personne écartée d’une formation ou encore des compétences remises en question au seul motif de l’âge.
L’âge compte encore au sein de l’entreprise
Dans son étude Projections professionnelles des cadres séniors, publiée en avril 2024, l’Apec souligne que les cadres de 55 ans et plus demeurent fortement investis dans leur activité professionnelle. Plus de neuf sur dix se déclarent engagés dans leur travail et huit sur dix se disent attachés à leur entreprise.
Loin de se projeter dans une fin de carrière marquée par le désengagement, nombre d’entre eux souhaitent continuer à transmettre leurs compétences et à participer à de nouveaux projets. Ainsi, 77 % aimeraient consacrer davantage de temps à la transmission des savoirs, tandis qu’environ deux tiers souhaitent développer de nouvelles compétences, piloter de nouveaux projets ou proposer davantage d’idées et de solutions.
Mais tout n’est pas rose pour autant. Certains cadres seniors ont le sentiment que leur carrière progresse moins vite qu’auparavant, que les possibilités de formation se réduisent et que leur expérience est insuffisamment reconnue. Deux cadres seniors sur trois estiment même qu’il leur serait difficile de retrouver un emploi en cas de perte de leur poste.

Une nouvelle manière de vieillir
Le phénomène n’est d’ailleurs pas propre à la France. Dans plusieurs pays, de nouvelles expressions sont apparues pour qualifier celles et ceux qui refusent d’être définis uniquement par leur âge. Les médias parlent de « seenagers » — contraction de « senior » et « teenager » — mais aussi de « jeunes vieux », de « nouveaux seniors » ou encore de « forever young ». Derrière ces appellations se retrouve une même idée : les années passent, mais les projets, les envies et la curiosité ne disparaissent pas pour autant.
Plus qu’un simple mot, le terme nold témoigne de l’évolution du regard porté sur l’avancée en âge. À mesure que l’espérance de vie s’allonge et que les parcours se diversifient, les frontières entre les différentes étapes de la vie semblent devenir de moins en moins évidentes.
Sources : ouest-france.fr, charentelibre.fr, courrierinternational.com







