Ils s’appellent Julia Hawkins, Robert Marchand et Johanna Quaas. Ils ont marqué les esprits avec des exploits sportifs accomplis à 101 ans, 105 ans et 92 ans. Ces seniors démontrent que l’on peut avancer en âge tout en préservant sa santé et son autonomie pour bien vieillir. Comment atteindre cet objectif ?
L’espérance de vie sans incapacité : un indicateur clé
L’espérance de vie sans incapacité (EVSI) estime le nombre d’années qu’une personne peut vivre sans limitation dans ses activités quotidiennes. Basée sur des enquêtes déclaratives (SRCV), elle repose sur une simple question : la personne interrogée se sent-elle limitée dans ses activités depuis au moins six mois ? La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DRESS) publie cet indicateur chaque année. L’EVSI permet de faire des comparaisons tant dans le temps que dans l’espace.
Son calcul s’appuie sur des enquêtes, comme celle de l’European Union Statistics on Income and Living Conditions (EU-SILC), qui évaluent l’état de santé des individus et ses répercussions sur leurs activités.
Les tendances en France
En France, l’EVSI progresse régulièrement. En 2023, les hommes de 65 ans pouvaient espérer vivre 10,5 ans sans incapacité et les femmes 12 ans. Depuis 2008, cet indicateur a connu une hausse de près deux ans pour les deux sexes. La part des années restant à vivre sans incapacité après 65 ans a également augmenté de 44,7 % à 50,8 % pour les femmes et de 47,7 % à 52,9 % pour les hommes.
A la naissance, l’EVSI présente des évolutions contrastées. En 2023, les femmes pouvaient espérer vivre 64,2 ans sans incapacité soit une légère baisse depuis 2008 (- 4 mois). Les hommes ont vu leur EVSI à la naissance augmenter de 10 mois pour atteindre 63,6 ans.
La France se distingue par des résultats supérieurs à la moyenne européenne. En 2022, elle était le cinquième pays de l’Union européenne (UE-27) pour l’EVSI des femmes à 65 ans (+2 ans et 6 mois au-dessus de la moyenne) et le septième pour les hommes (+1 an et 4 mois).
Dans le monde : on vit plus longtemps mais pas toujours en bonne santé
Une étude rétrospective et transversale, publiée en décembre 2024 sur le site jamanetwork.com, a été menée à partir des données du Global Health Observatory de l’OMS sur 183 pays. Les analyses statistiques réalisées entre janvier et mai 2024 et portant sur deux décennies révèlent qu’en dépit de la hausse de l’espérance de vie mondiale (+ 6,5 ans), l’espérance de vie en bonne santé n’a augmenté que de 5,4 ans. L’écart entre ces deux indicateurs s’est accru de 13 % pour atteindre 9,6 ans en 2019. En d’autres termes, bien que l’espérance de vie augmente, les populations vivent de plus en plus en mauvaise santé. A noter que les femmes présentent un écart plus important que les hommes à l’échelle mondiale.
Les États-Unis enregistrent l’écart le plus élevé, avec 12,4 ans, principalement en raison de l’augmentation des maladies non transmissibles.

Que faut-il faire pour bien vieillir ?
Les clés pour vieillir en bonne santé
Des habitudes saines permettent de prolonger la vie en bonne santé. Selon le Pr Erick Legrand du CHU d’Angers, voici les dix règles d’or :
- Ne pas fumer.
- Limiter la consommation d’alcool à moins de sept verres par semaine.
- Pratiquer une activité physique régulière (au moins 3 heures par semaine).
- Adopter une alimentation saine (fruits, légumes, céréales variées, huile d’olive).
- Effectuer les vaccins obligatoires et celui contre la grippe après 65 ans.
- Consulter son médecin tous les deux ans dès 45 ans.
- Participer aux programmes de dépistage des cancers.
- Suivre scrupuleusement les traitements en cas de maladie chronique.
- Être prudent au volant.
- Maintenir des liens sociaux réguliers avec sa famille et ses amis.
Si notre bagage génétique joue un rôle, notre comportement reste un facteur clé. Le tabac et l’alcool sont les deux grands dangers à éviter tandis que l’activité physique et la nutrition constituent nos meilleurs alliés. Une étude sur plus de 650 000 personnes a montré qu’une marche de 15 minutes par jour peut ajouter deux ans d’espérance de vie et une heure de marche quotidienne en ajoute 4,5.
La question clé est de savoir comment mettre en œuvre ces solutions à l’échelle mondiale et garantir que l’allongement de la vie se traduise par des années vécues en pleine santé. Si les comportements individuels jouent un rôle important dans le vieillissement en bonne santé, il ne faut pas négliger l’impact des facteurs socio-économiques. L’accès aux soins, l’environnement de vie, le niveau d’éducation et le soutien social sont aussi autant d’éléments qui influencent notre capacité à vieillir en autonomie.
Sources : jamanetwork.com, blog.insee.fr, chu-angers.fr, institut.amelis-services.com
La rédaction vous conseille Oublier un rendez-vous, chercher ses clés plus souvent … Ces petits oublis inquiètent de nombreux seniors. Mais sont-ils réellement alarmants ? Et si nous prenions soin de notre cerveau comme nous le faisons pour notre corps ? Grégory Lapu, neuropsychologue, nous éclaire sur le fonctionnement du cerveau et partage ses conseils pour le maintenir en […]
Mieux comprendre sa mémoire pour bien vieillir




