Aider un parent âgé, accompagner un conjoint malade, soutenir un enfant en situation de handicap ou encore gérer les démarches administratives d’un proche fragilisé… En France, ces gestes du quotidien concernent aujourd’hui des millions de personnes. Pourtant, beaucoup ne se définissent pas comme des aidants.
Selon la campagne nationale portée par le Service public de l’autonomie et le ministère des Solidarités, un Français sur cinq est aidant. Plus marquant encore : un aidant sur deux s’ignore.
Pour les seniors, cette réalité touche souvent plusieurs générations à la fois : aider un conjoint vieillissant, accompagner un parent très âgé ou soutenir un enfant handicapé devenu adulte.

Qui sont les aidants ?
Le terme « aidant » désigne une personne qui apporte une aide régulière et non professionnelle à un proche en perte d’autonomie, malade ou en situation de handicap. Cette aide peut prendre plusieurs formes :
- accompagnement aux rendez-vous médicaux ;
- aide pour les repas ou la toilette ;
- gestion des papiers administratifs ;
- soutien moral ;
- surveillance quotidienne ;
- présence de nuit ou coordination des soins.
La campagne nationale rappelle que cette responsabilité s’exerce souvent en parallèle d’une vie personnelle et professionnelle.
Une charge souvent invisible pour les aidants
Beaucoup d’aidants avancent sans demander d’aide. Certains considèrent leur engagement comme « normal » ou « familial ». D’autres ne savent tout simplement pas que des dispositifs existent.
Dans les témoignages diffusés dans le cadre de la campagne nationale, plusieurs aidantes expliquent avoir pris conscience tardivement de leur situation. Alice insiste notamment sur l’importance d’identifier son rôle d’aidant le plus tôt possible afin d’éviter l’épuisement.
Cette fatigue peut être physique, psychologique ou financière. Les aidants doivent parfois réduire leur activité professionnelle, renoncer à des loisirs ou réorganiser entièrement leur quotidien.
Des aides existent pour souffler
Face à cette réalité, différents dispositifs ont été développés ces dernières années.
Parmi eux :
Le congé de proche aidant
Il permet à un salarié de suspendre ou réduire temporairement son activité pour accompagner un proche dépendant.
L’allocation journalière du proche aidant (AJPA)
Cette aide financière vise à compenser partiellement une perte de revenus pendant le congé proche aidant. La campagne nationale cite ce dispositif parmi les solutions permettant de mieux concilier vie professionnelle et responsabilités familiales.
Les plateformes de répit
Ces structures proposent un accompagnement aux aidants : écoute, conseils, groupes de parole ou solutions de relais temporaires.
Dans son témoignage, Jeanine explique que ces plateformes lui ont permis de retrouver davantage de sérénité alors qu’elle accompagne son conjoint au quotidien.
Les seniors, des aidants très présents
Le vieillissement de la population renforce encore cette situation. Selon les profils, certains seniors deviennent aidants après la retraite, tandis que d’autres continuent d’aider tout en avançant eux-mêmes en âge.
Cette double fragilité est de plus en plus observée :
- des retraités aidant leur conjoint ;
- des personnes âgées soutenant un enfant handicapé ;
- des seniors eux-mêmes fatigués physiquement mais restant le principal soutien familial.
Dans les territoires vieillissants comme la Martinique, où les enjeux liés à l’autonomie prennent de l’ampleur, la question des aidants devient centrale pour les années à venir.
Pourquoi il est important de demander de l’aide
La campagne nationale insiste sur un point : les aidants ne doivent pas rester seuls.
Solliciter des professionnels, accepter du répit ou rejoindre un réseau d’accompagnement ne signifie pas abandonner son proche. Cela permet souvent de préserver sa santé et de continuer à aider dans de meilleures conditions.
Des informations et ressources sont disponibles sur le portail officiel des aidants : aidant.gouv.fr
La campagne nationale des aidants propose également plusieurs témoignages vidéo accessibles en ligne.




