Comme chaque début d’année, le scénario se répète, à la manière du film “ Un jour sans fin ” : les résolutions que nous avions prises sont vite abandonnées. Pourtant, elles nous semblaient si réalistes : manger mieux, reprendre une activité physique ou s’investir dans un projet personnel. Mais pourquoi est-ce si difficile de s’y tenir ?
Un constat confirmé par les études
Selon les travaux de John C. Norcross, professeur de psychologie à l’Université de Scranton, 40 à 45 % des adultes prennent des résolutions en début d’année. Si 71 % des participants tiennent leurs engagements les deux premières semaines, ils ne sont plus 46 % au bout de six mois. Ces résultats soulignent que l’échec n’est pas une question de tempérament ou de manque de volonté mais provient essentiellement de la manière dont nous avons initialement défini nos objectifs.
Une étude suédoise menée auprès de plus de 1 000 participants montre que les résolutions formulées de façon claire et précise sont mieux suivies que celles centrées sur l’interdiction ou des intentions trop générales.
Autrement dit, ce sont souvent les résolutions et non les personnes qui posent problème.
Après 60 ans, nos résolutions changent
Les recherches en psychologie du vieillissement indiquent que nos motivations changent avec l’âge. Les seniors ont d’autres priorités : maintenir leur autonomie, avoir une meilleure qualité de vie et garder du lien social. Ces résolutions s’éloignent des objectifs de performance ou d’image de soi, plus fréquents chez les plus jeunes.
Cette évolution explique pourquoi les résolutions qui s’appuient sur des objectifs de productivité ont moins de sens après 60 ans. Lorsqu’elles ne correspondent pas à nos priorités personnelles, nous les tenons plus rarement dans la durée.

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Avoir des objectifs précis pour tenir dans la durée
L’American Psychological Association souligne que les résolutions échouent souvent lorsqu’elles manquent de réalisme, de clarté ou de planification, et qu’elles s’intègrent mal dans la vie quotidienne. Dire « je vais marcher plus » ou « je vais faire attention à ma santé » ne dit pas comment s’y prendre.
Les études de Norcross confirment que les personnes qui réussissent sont celles qui découpent leurs objectifs en actions précises, mesurables et limitées dans le temps. Concrètement, cela signifie remplacer une idée floue par un rendez-vous fixe. Exemple : marcher vingt minutes trois fois par semaine, appeler un proche chaque dimanche ou se coucher à heure fixe deux soirs par semaine.
Le succès s’inscrit dans la répétition
Les recherches en psychologie comportementale montrent que les changements durables reposent sur des actions simples et répétées qu’il faut intégrer progressivement dans son quotidien. Si nous choisissons des transformations trop radicales, nous avons de fortes chances d’abandonner.
Contrairement à une idée reçue tenace, l’âge ne constitue pas un frein au changement. Au contraire, les recherches montrent que les seniors parviennent très bien à modifier leurs habitudes dès lors qu’elles s’inscrivent dans une recherche de qualité de vie. L’enjeu n’est donc pas de faire plus d’efforts,mais d’adopter ces changements à son propre rythme.

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Reformuler ses résolutions pour qu’elles soient applicables
Après 60 ans, les seniors tiennent plus facilement leurs résolutions lorsqu’ils les pensent en termes de bénéfices plutôt que de contraintes. On ne cherche pas à « faire du sport » mais à préserver sa mobilité pour continuer à voyager ou à jouer avec ses petits-enfants. On ne cherche pas à « manger moins », mais à mieux digérer pour conserver son énergie tout au long de la journée.
Les études montrent aussi que les projets qui permettent d’apprendre, de transmettre ou de rester en lien avec les autres tiennent mieux dans le temps. Ils répondent à des besoins qui deviennent plus importants avec l’âge et donnent envie de continuer.
En définitive, les spécialistes s’accordent sur ce point : le mois de janvier n’est qu’un repère artificiel. Commencer par de petits pas, accepter de faire des pauses et ajuster ses objectifs en cours de route fait partie du processus. Si vous n’arrivez pas à atteindre vos objectifs pendant une semaine, n’abandonnez pas. Cela vous indique qu’il faut adapter votre méthode.
Après 60 ans, la réussite appartient à ceux qui s’inscrivent dans la durée, loin de la pression du calendrier. C’est peut-être là le secret du vrai changement : ne plus chercher à transformer sa vie en un mois mais l’inscrire dans une nouvelle façon de se comporter tout au long de l’année. Bonne année 2026 !
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