chronique du 21 septembre 2017 diagnostic

Radiologie et diagnostic des maladies neuro-dégénératives

Les troubles cognitifs (mémoire, perception, idéation, planification …) ont souvent un impact dans les actes de la vie quotidienne, synonyme alors de troubles comportementaux le plus souvent rapportés par l’entourage.

C’est dans ce ce cadre que sont approchés la maladie d’Alzheimer et les syndromes apparentés. Il faut savoir que les seniors qui souffrent d’une altération des capacités cognitives risquent une aggravation annuelle de 10 à 15% alors que les personnes âgées en bonne santé ne connaîtront cette dégradation qu’au rythme annuel de 1 à 2%.

L’histoire de la maladie par la chronologie des faits, l’examen clinique mais aussi un bilan neuro-psychologique permettent au mieux de cibler le diagnostic.

L’analyse du liquide céphalo-rachidien – par ponction lombaire – est proposée aux personnes dont le diagnostic reste hésitant ou atypique, ou pour les patients jeunes. Il s’agit du liquide entourant le cerveau et la moelle épinière et son analyse permet de quantifier les protéines amyloïdes et tau dont le dosage peut préciser le diagnostic de la maladie d’Alzheimer.

Egalement l’imagerie cérébrale est un pilier indispensable dans la prise en charge du patient et de son chemin clinique. Rencontre avec le Mr le Professeur K. Farid P, spécialisé dans la médecine nucléaire :

Quelles sont actuellement en Martinique les investigations radiologiques possibles pour cibler le processus neuro-dégénératif cérébral (Maladie d’Alzheimer et autres syndromes apparentés) ?

Aujourd’hui, en Martinique nous avons l’IRM (imagerie à résonance magnétique) et la scintigraphie et dans certains cas le scanner.

Quelles lésions peut montrer l’IRM cérébrale dans la maladie d’Alzheimer ? Et que signifient –elles ?

L’IRM est une imagerie morphologique c’est à dire qu’elle donne une information sur la structure de l’organe exploré. L’IRM peut montrer une atrophie c’est à dire une diminution du volume du cerveau. Elle peut aussi mettre en évidence d’autres anomalies du cerveau comme un accident vasculaire par exemple qui peut aggraver les signes d’une maladie d’Alzheimer. Cet examen est indispensable dans la démarche diagnostique mais insuffisant, si la clinique n’est pas évidente.

Quelles sont les contre-indications de cet examen ?

C’est essentiellement la présence de certains corps métalliques dans le corps (éclat de ferraille dans les yeux par exemple). Certains patients claustrophobes : des personnes qui ne supportent pas d’être un peu « enfermés » ont du mal alors à réaliser leurs examens.

En tant que radiologue, comment situez vous la scintigraphie cérébrale dans la démarche diagnostique ?

La scintigraphie est un examen complémentaire de l’IRM et ne la remplace pas. La scintigraphie donne une information sur le fonctionnement du cerveau. Elle consiste à injecter un traceur qui va se fixer sur les zones fonctionnelles du cerveau. En revanche, les parties du cerveau qui fonctionnent peu ou pas ne vont pas capter ce traceur. La scintigraphie permet donc de détecter les zones du cerveau qui ne fonctionnent pas ou peu et cela parfois malgré une apparence normale à l’IRM. Elle est quasi indispensable pour les stades précoces de la maladie. Très utile quand il y a un doute clinique. Peu utile quand la maladie est évidente. Cet examen a comme seule contre-indication la grossesse. Donc, on peut réaliser la scintigraphie chez beaucoup de patients.

Quelles sont les perspectives d’avenir radiologiques pour poser un diagnostic plus précoce ?

La TEP (tomographie par émissions de positons) ! (ou encore appelée PET-scan). On attend avec impatience l’arrivée de la TEP et du Cyclotron en Martinique. La TEP a des meilleures performances que la scintigraphie pour le diagnostic précoce et précis de la maladie d’Alzheimer. Elle consiste à l’injection d’un produit à base sucre chez le patient qui se fixe au niveau du cerveau. La TEP-amyloïde permet de visualiser les plaques amyloïdes, impliquées dans la maladie d’Alzheimer. D’autre traceurs produits par le Cyclotron peuvent être utile pour détecter d’autres maladies neuro-dégéneratives comme la maladie de Parkinson ou la maladie à corps de Lewy.

  • Le cyclotron est un accélérateur de particules qui utilise l’action combinée d’un champ électrique et d’un champ magnétique, afin d’accélérer et de confiner les particules dans un espace restreint.
  • La CTM et le Centre Hospitalier Universitaire de Martinique(CHUM) ont signé, le lundi 16 janvier 2017 une convention qui officialise l’acquisition et l’installation d’un cyclotron. L’État s’est engagé sur le financement du TEP SCAN, un équipement complémentaire indispensable au cyclotron, financé, lui, par la collectivité. 

Pour rappel

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le nombre de malades est actuellement de 35,6 millions dans le monde. Il devrait presque doubler tous les 20 ans, pour passer à 65,7 millions en 2030 et à 115,4 millions en 2050. Chaque année, on dénombre 7,7 millions nouveaux cas. 

En 2015, la France compte 900 000 personnes atteintes par la maladie avec 225 000 nouveaux cas chaque année.

Près de 15% des plus de 80 ans sont touchés par cette pathologie. Toutefois près de 33 000 patients de moins de 60 ans sont atteints par celle-ci.

En Martinique, les chiffres avancés sont de 8 000 cas déclarés avec 240 cas-incidents annuels.

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