Peut-on prévenir la maladie d’Alzheimer ?

Peut-on prévenir la maladie d’Alzheimer ?

Dernière partie de nos rubriques sur la maladie d’Alzheimer : le Dr Chatot –Henry Carolle, gériatre en collaboration avec Sandrine Ivrisse, psychologue clinicienne font le point sur la question. Peut-on prévenir la maladie d’Alzheimer ?

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Dr Carolle Chatot-Henry

La maladie d’Alzheimer est une pathologie liée à l’âge, ce qui est un facteur de risque dit « non modifiable », ainsi que l’influence génétique (l’allèle ε4 de l’apolipoprotéine E) et le sexe féminin. En effet les données épidémiologiques montrent que les femmes ont un risque plus élevé de maladie d’Alzheimer que les hommes après l’âge de 80 ans ; la diminution post-ménopausique des œstrogènes pourrait en partie expliquer ce risque. Les antécédents familiaux sont controversés surtout dans les formes tardives de la maladie mais sont à retenir.

sandrine Ivrisse

Sandrine Ivrisse

Nous parlerons de pistes de prévention, pas encore confirmées, car un certain recul dans le temps est nécessaire même si des travaux publiés attestent un effet bénéfique de certaines pratiques :

  • La maîtrise des facteurs de risque vasculaire c’est-à-dire le contrôle de « la maladie vasculaire diffuse » qui s’exprime tant par l’hypertension artérielle, le diabète etc. … permet de prévenir les troubles cognitifs sévères. Les études Syst-Eur et Progress montrent l’efficacité de leur traitement sur la prévention de la maladie d’Alzheimer. D’autres études rapportent que le contrôle de la fibrillation auriculaire, de l’hypercholestérolémie auraient un effet bénéfique sur la cognition. L’accident vasculaire cérébral multiplie le risque de troubles mnésiques conséquents d’où l’importance d’une observance thérapeutique optimale (appelée prévention secondaire) chez ces patients.

  • L’environnement social « positif » protègerait d’une dégénérescence neuronale à savoir les contacts sociaux multiples, les repas conviviaux et l’entrainement cérébral. Un faible réseau social augmenterait le risque de 60 % de troubles cognitifs majeurs d’autant qu’une dépression peut aggraver le tableau chez une personne âgée isolée.

  • La pratique d’activités (jardinage, voyages, bricolage …) est aussi associée à un risque moindre de maladie d’Alzheimer.
    Garder un esprit actif (lecture, jeux de mémoire, etc.) toute sa vie favorise le maintien et la croissance de connexions entre les neurones.
    On connaît les répercussions négatives sur la santé d’un stress chronique retenu comme facteur favorisant de la maladie par un lien direct entre les hormones glucocorticoïdes et les dépôts amyloïdes.

  • L’effet néfaste de la consommation tabagique a été démontré alors que l’on pensait dans un 1er temps à un rôle protecteur possible de la nicotine.

  • Le bénéfice d’une activité physique régulière pour la prévention du déclin cognitif a été montré par plusieurs essais cliniques : un programme d’entraînement physique modéré, à domicile améliorerait les performances cognitives de personnes souffrant de troubles de la mémoire.
  • Les recommandations du programme national nutrition santé sont adaptées pour la prévention du risque de démence. La consommation de poissons riches en oméga-3, y est particulièrement recommandée. Trois orientations sont actuellement testées en études prospectives avec des résultats encourageants.

  • Le régime méditerranéen : les scientifiques expliquent l’effet protecteur sur les neurones par son fort contenu en antioxydants. L’acide eicosapenténoïque, un acide gras oméga-3 trouvé dans le poisson, semble être particulièrement bienfaiteur ; Inspiré de la diète méditerranéenne, le régime MIND avec une consommation de légumes verts à feuilles et de baies, en particulier myrtilles, fraises, grenades … semble prometteur, en minimisant les acides gras saturés que l’on trouve dans l’alimentation fast food.

  • La restriction calorique limite la perte neuronale normale liée à l’âge et augmenterait la résistance des neurones du cerveau à la maladie d’Alzheimer, à la maladie de Parkinson et aux accidents vasculaires cérébraux.
  • Les antioxydants réduisent les effets néfastes des radicaux libres sur les neurones, contenus dans les aliments riches en acide folique (abats, noix avocats, amandes etc.), en vitamine B6 (levure, thon ou saumon, banane, pomme de terre etc.) et en vitamine B12 (abats et poissons). La cannelle, le café, la vitamine D sont d’autres pistes de prévention, en réduisant l’inflammation source des lésions amyloïdiennes.
  • L’eau: l’hypothèse d’une relation entre taux élevé d’aluminium et risque de démence est ancienne, fondée sur la neuro-toxicité de l’aluminium. D’où des contrôles sanitaires drastiques et des conseils d’utilisation dans les gestes ménagers sont préconisés dans ce sens.Actuellement, même s’il n’existe pas de véritables supports pour prévenir la maladie d’Alzheimer, ces quelques mesures citées pourraient contribuer à préserver les facultés cognitives et à réduire le risque de développer la maladie d’Alzheimer. La maladie d’Alzheimer étant multifactorielle, des interventions de type multi-domaines et synergiques (nutrition, activité physique, entrainement cognitif et prévention des facteurs de risque cardio-vasculaires), pourraient prévenir l’apparition de la maladie (étude FINGER1 et étude MAPT2). D’autres études d’intervention multi-domaines sont en cours et pourraient dans l’avenir promouvoir certaines politiques de santé.

Source :

  • Ngandu et al. Finnish Geriatric Intervention Study to Prevent Cognitive Impairment and Disability
  • Vellas MAPT STUDY: A MULTIDOMAIN APPROACH FOR PREVENTING ALZHEIMER’S DISEASEM.

 

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