chronique du 31 aout 2017 ergotherapeute

L’ergothérapeute au service des seniors vivant à domicile

L’ergothérapeute évalue les fragilités des personnes en perte d’autonomie ou handicapées qu’elles soient âgées ou non dans leur environnement quotidien.

C’est un professionnel de santé qui propose des aides et donne des conseils techniques dans le cadre de la réadaptation mais aussi de la prévention.

L’ergothérapeute n’est pas suffisamment sollicité aujourd’hui. Il est indispensable pour optimiser le maintien à domicile d’une personne dépendante mais aussi en amont dans le cadre de la prévention et du Bien Vieillir. En effet, il peut agir de façon préventive dans le cadre d’un diagnostic ergothérapeute à domicile avant que la perte d’autonomie ne soit diagnostiquée. En observant les habitudes des personnes âgées et en les mettant en situation, il peut leur faire prendre conscience des risques potentiels existant dans leur logement. Par ailleurs, les recommandations issues du bilan rédigé par l’ergothérapeute leur permettront d’améliorer leur quotidien.


Christophe Quehen

Christophe Quehen

Interview réalisée par le Dr Chatot-Henry, gériatre de Christophe Quehen, ergothérapeute.

Quelles sont les missions précises d’un ergothérapeute en gériatrie ?

Les missions spécifiques d’un ergothérapeute en gériatrie peuvent être :

  • Le maintien et/ou l’amélioration de l’indépendance et de l’autonomie dans les actes de la vie quotidienne, à domicile ou en institution
  • L’action sur l’environnement matériel et humain (aménagements du lieu de vie, installation et/ou apprentissage d’aides techniques, formation des aidants professionnels ou familiaux…)
  • La mise en œuvre d’actions de réadaptation, de rééducation, de prévention, de confort et de sécurité, en lien avec les complications liées aux pathologies du grand âge
  • Le maintien et/ou la réadaptation des troubles cognitifs, comme par exemple ceux rencontrés chez les personnes atteintes de démences (type Alzheimer et apparentées)
  • Le travail sur la mobilité, les transferts, la prévention des chutes ou encore les troubles posturaux

Cette liste est non-exhaustive étant donné que l’ergothérapie se situe au carrefour de plusieurs autres professions.

Le site internet de l’AFEG (Association Française des Ergothérapeutes en Gériatrie) est l’un des sites explicatifs de notre intervention dans ce domaine.

Quels sont les lieux de votre pratique professionnelle ?

Ces lieux sont très variés :

  • Établissement Hébergeant des Personnes Agées Dépendantes (EHPAD)
  • Domicile
  • Accueils de jour
  • Maisons de retraite
  • Cabinet (activité libérale)
  • Équipes Spécialisées Alzheimer (ESA)
  • Equipe Mobile de Gériatrie (EMG)
  • Unité Cognitivo –Comportementale (UCC)

Encore une fois, cette liste est non-exhaustive. Les progrès de la santé s’améliorant d’année en année, nous pouvons imaginer que cela amènera la naissance de nouvelles activités en lien avec le grand-âge.

Intervenez-vous uniquement sur prescription médicale ?

Comme expliqué sur le site de l’Association Nationale Française des Ergothérapeutes (ANFE):

  • Les actes de soins ou de rééducation d’un patient doivent être prescrits par un médecin, qu’il soit traitant, coordinateur ou spécialiste.
  • Les actes concernant les conseils d’aides techniques, les conseils d’aménagement de domicile ou de lieux de vie ou lieux de travail, les expertises ne relèvent pas de la prescription médicale.
  • La prescription médicale n’est pas liée aux remboursements des actes.

Quelles mesures peuvent être prises dans le cas d’une perte d’autonomie chez la personne âgée ?

Si le constat d’une perte d’autonomie est avéré par l’évaluation globale réalisée par l’ergothérapeute, l’intervention peut s’effectuer sur plusieurs plans :

  • Soit par la stimulation, afin de maintenir les capacités encore présentes chez la personne âgée.
  • Soit par la rééducation, dans le but de récupérer les capacités perdues.
  • Soit par la réadaptation, au travers de la mise en place de moyens techniques ou de l’accompagnement des aidants (professionnels ou familiaux), dans le cas où les moyens précédents ont atteint leur(s) limite(s).

Quelles sont les complémentarités avec d’autres professionnels ?

De multiples complémentarités existent, comme par exemple avec:

  • Des kinésithérapeutes pour mener des actions de prévention, rééducation, réhabilitation…
    Il s’agit là d’un binôme fort dans le domaine de la rééducation et de la réadaptation, notamment sur le plan physique. Les formations initiales présentent de nombreux points communs qui le permettent.
  • Des assistantes sociales pour des dossiers d’aménagement de logement ou d’évaluation du handicap.
    Le mélange entre les connaissances techniques de l’ergothérapeute et socio-administratives de l’assistante sociale peuvent être très efficaces.
  • Des infirmières coordinatrices au sein de réseaux de gérontologie ou encore de SSIAD.
    Il s’agit là encore de regards à la fois communs et différents sur les plans humains, physiologiques, sociaux…
  • Des infirmières libérales lors d’interventions à visée de maintien à domicile, sensiblement pour les mêmes raisons.
  • Des Assistants de Soins en Gérontologie (ASG) au sein d’Équipes Spécialisées Alzheimer.
    Tous deux disposent de connaissances techniques et théoriques qui se complètent parfaitement au contact des personnes âgées.
  • Des médecins, principalement généralistes ou gériatres.
    Tous deux ont un regard global sur la personne âgée, même si chacun est différent ne serait-ce que par sa formation initiale
  • etc

Sources : sites inpes.sante.publique.fr, pour-les-personnes-agees.fr

dr-carolle-chatot-henry

Dr Carolle Chatot-Henry

 

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