Le chemin de St Jacques de Compostelle (4)

Le chemin de St Jacques de Compostelle (4)

Claude, retraitée très récemment, nous a fait part de cet article sur le chemin de St Jacques de Compostelle qu’elle a effectué en France, en Espagne, de part le monde … « Premier Itinéraire Culturel Européen » – 4ème partie.

3ème partie du chemin

La Galice est parcourue de forêts d’eucalyptus, telle une purification, ou après Léon le terrain varie entre forêts et montagne, toujours en altitude de 500 à 600 m.

La Galice (Galicia en Castillan ou Galiza en galicien) est une communauté autonome située à l’extrémité nord-ouest de l’Espagne. Elle est entourée par la Principauté des Asturies, la Castille-et-León, le Portugal, l’océan Atlantique, la mer Cantabrique ; elle est limitée à l’est par une chaine montagneuse (Os Ancares) et au sud par le fleuve le plus important de la péninsule ibérique par son débit (O Miño)

3ème pic, 3ème épreuve qu’est l’ascension d’El Cebrero 1330 m ou le Pèlerin est accueilli dans un espace Celte. L’occupation de cette région par les Celtes a laissé des traces profondes (700 avant JC), dans la langue, la culture, la musique, l’architecture en particulier.

galiceIl faut franchir les cols d’O Cebreiro, de San Roque, et d’Alto do Poio, mais la Galice récompense des efforts fournis et des privations endurées pendant la longue marche.

Miracle du Cebreiro :

Au début du XIVème siècle, au plus fort d’une tempête de neige, un paysan du hameau voisin de Barxamaior Juan Santin monta pour entendre la messe.

Le moine qui ne croyait pas à la présence réelle du Christ dans le Saint Sacrement, méprisa ce pauvre paysan d’avoir entrepris ce grand sacrifice.

Au moment de l’Eucharistie, l’hostie se transforma en Chair et le vin en sang.

Le prêtre et le paysan sont enterrés tous deux dans la chapelle du miracle.

Presque arrivé, à 50 kms de Santiago se trouve un village nommé Mélide, à la spécialité culinaire recommandée pour les amateurs de poulpe. Les poulpérias se côtoient comme peuvent le faire les Pizzérias dans certaines régions.

Après Mélide, le Pèlerin va marcher les 50 derniers kms au milieu des forêts d’Eucalyptus, moment privilégié qui semble vouloir le purifier avant de franchir les portes de Santiago.

Sentant l’arrivée proche, la fin de l’aventure, la fin de cette vie nomade, les pèlerins ralentissent le pas refusant quelque part d’arriver.

Pourtant certains sont partis depuis plus d’un mois de leur domicile ou de leur famille.

L’arrivée à Siantago passe par Monte do Gozo

 Monte do Gozo – Mont de la Joie se situe 4 kms avant l’entrée dans Santiago.

Le mémorial de Monto de Gozo inauguré par le Pape Jean Paul II.

L’arrivée à Santiago est fait au son de la musique Galicienne Celte et notamment de la Gaïta, la cornemuse locale, et c’est avec beaucoup d’émotion que les pèlerins se retrouvent sur le parvis de la Cathédrale. Monument majestueux à l’attrait particulier.

Dans son guide du pèlerin Aymeri Picaud décrivait en 1140 une immense et parfaite basilique à « neufs nefs dans sa partie intérieure et six dans sa partie haute », « Soixante trois fenêtres noyées de vitraux », trois portails principaux et six petits ». Ce chef d’œuvre roman de style toulousain va au fil des siècles être passablement noyé dans maintes adjonctions. Mais tout ceci finit par faire du vaisseau initial une prodigieuse pièce montée d’architecture, pour l’extérieur seulement car à l’intérieur, la cathédrale conserve sa forme intacte de croix latine avec déambulatoire et triforium, cinq chapelles rayonnantes et quatre autres sur les bras du transept.

Sur le parvis, les accolades sont nombreuses, la joie rayonne, des photos sont faites c’est le moment des échanges d’adresse, car demain déjà chacun repart vers son domicile.

Mais avant, chacun assistera à la messe des Pèlerins proposée quotidiennement, avec la célèbre cérémonie du « botafumeiro », qui s’avère être un moment privilégié.

Cérémonie du Botafumeiro

ceremonie du BotafumeiroA l’occasion de célébrations liturgiques au cours de la messe du pèlerin qui se déroule tous les jours à 12h00, les visiteurs auront la chance de contempler la singulière cérémonie du botafumeiro. (Un spectaculaire encensoir en laiton argenté et pesant environ quatre-vingts kilos).

Le botafumeiro pend à une corde du haut du transept.

Pendant qu’on le balance comme s’il s’agissait d’un pendule, huit hommes (tiraboleiros) donnent de la corde au point le plus élevé du mouvement et tirent sur elle au point le plus bas.

On accroît ainsi l’oscillation de l’encensoir pour l’élever à 21 mètres de haut dans la voûte, en formant un arc de 65 mètres tout au long du transept, depuis la porte de l’Azabachería jusqu’à celle de Platerías.

Il passe au ras du sol à une vitesse de 68 km/h en laissant derrière lui un fin sillage de fumée et d’encens. A l’origine, selon les mauvaises langues, cet encensoir géant servait à parfumer la cathédrale de l’odeur « désagréable » des Pèlerins.

Mais il serait inopportun de parler du chemin sans parler de sa spiritualité.

  • Chemin d’Amour, de Réflexion,
  • Chemin de Rencontre, de partage,
  • Chemin de douleur, de joies,

Il est coutume de dire que le chemin n’existe pas c’est le pèlerin qui le fait !

Ce chemin commence à la porte de son domicile, le Pèlerin devant en principe partir de chez lui, mais il doit surtout remercier le chemin de lui permettre de le parcourir, de communier avec lui, et ce quelles que soient les difficultés rencontrées.

Le pèlerinage a commencé depuis la minute où il a été décidé de partir et soyez persuadé qu’il ne se terminera, s’il se termine un jour, que bien longtemps après son retour. 

En fait l’homme parcours le chemin, et ensuite c’est le chemin qui fait de l’homme un pèlerin.

Souvent, fermant les yeux ou feuilletant quelque album, il sera à nouveau sur la route, et il comprendra alors que ce temps a été un moment important de sa vie. 
Alors, partons à l’aventure… Pour se rassurer, il faut savoir que les itinéraires sont bien repérés, bien balisés, que ce soit en France ou en Espagne.  Ils sont jalonnés de quelques haltes aménagées pour les pèlerins ; il n’y a pas toujours un lit, mais il y a au moins une place au sol. 

A suivre

  • 3ème partie du chemin
  • Le Pèlerin du Moyen Age
 

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