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La perte d’autonomie chez les ainés : quelles solutions ? 2ème partie

Suite de notre article. Le Dr Chatot-Henry Carolle, gériatre, nous présente différents volets de la perte d’autonomie liée à l’avancée en âge : comment évaluer la dépendance, quelles solutions existent pour un maintien à domicile malgré la dépendance, quel est le coût de la dépendance et où peut-on s’informer ?

Autant de questions qui seront déclinées par une approche globale et systémique.

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Dr Carolle Chatot-Henry

Comment évaluer la dépendance ?

La perte d’autonomie partielle puis totale est appelée dépendance. Pour l’évaluer, une équipe de professionnels de santé (mobilisée par la Collectivité Territoriale de la Martinique) élabore avec la personne visitée un « plan d’aide personnalisé » et liste toutes les aides nécessaires pour rester à domicile. Il peut s’agir de services à domicile aussi bien que d’aides techniques.

Elle peut être évaluée par la grille AGGIR (Autonomie Gérontologie Groupes Iso-Ressources) dont le degré détermine l’éligibilité d’une personne à bénéficier de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA).

Il existe six niveaux de dépendance : de GIR 6 à GIR 1. Les deux premiers niveaux concernant les personnes « autonomes et assez autonomes ». Seuls les GIR  de 1 à 4 ouvrent droit à  l’APA. Les personnes en « GIR 1 et GIR 2 » sont les plus limitées dans leur quotidien puisqu’elles sont confinées au lit ou au fauteuil. Bien d’autres grilles existent pour la cotation de la dépendance (AVQ, SEGA, BME …). Elles complètent les informations déjà récoltées.

Quels chiffres sont avancés en France et en Martinique ?

En France, en 2012, 2 millions de personnes de plus de 60 ans bénéficiaient de l’APA, qu’elles résident en maisons de retraite médicalisées ou à domicile.

On compte 278 bénéficiaires de l’APA pour 1 000 Martiniquais âgés de 75 ans et plus contre 209 au niveau national. 86% des allocataires de l’APA sont allocataires de l’APA à domicile (contre 60% au niveau national). En Martinique, 1 973 bénéficiaires de l’APA sont fortement dépendants (GIR 1 ou 2), dont 1 506 vivent à domicile (76%) selon les données de l’année 2016.

Quelles sont les solutions pour un maintien à domicile malgré la dépendance ?

Optimiser la logistique humaine et environnementale contribue au maintien à domicile : la domotique dans un avenir proche apportera des réponses encore inexplorées jusqu’à aujourd’hui. En effet, à titre d’exemple, un système domotique peut piloter à distance différents équipements électriques de l’habitat comme ouvrir les volets. Un bracelet détecteur de chutes peut déclencher une alarme auprès du référent pour une prise en charge immédiate.  

Les aides humaines sont à différencier :

  • L’aide ménagère est un professionnel qui s’occupe de l’environnement du patient. Cette aide dépend des centres communaux d’action sociale (CCAS) et est généralement pour les GIR 5 et 6, c’est à dire les plus autonomes. Le prix est fonction des revenus du malade, avec la possibilité d’une participation des caisses de retraites.
  • L’auxiliaire de vie aide pour les activités de la vie au quotidien dont la toilette simple mais aussi pour le temps occupationnel et l’animation qui en découle (patients GIR 1 à 4) ; elle peut accompagner la personne dans des déplacements proches et apporte un soutien psychologique important au regard de la raréfaction des liens sociaux pour certaines personnes âgées ; le financement se fait par le patient avec participation de l’APA.
  • Le portage de repas au domicile : il est assuré par les CCAS.
  • Le service d’hospitalisation à domicile peut être envisagé à la sortie de l’hôpital dans le cadre d’une réintégration au domicile et ceci pour un temps déterminé.
  • Mais aussi le réseau de soins palliatifs permet le maintien à domicile pour les instants ultimes.
  • Il existe aussi des services de téléalarme et/ou autres aides techniques (fauteuil roulant, canne, déambulateur, lit médicalisé, etc.) complètent le support logistique existant. Notons que les objets connectés (pilulier intelligent, brosse à dents, balance tensiomètre connectés …) apporteront de plus en plus une aide précieuse dans le cadre du maintien à domicile des personnes âgées dépendantes.

Quel est le coût de la dépendance ?

Le budget alloué à la perte d’autonomie s’élève à 34 milliards d’euros chaque année en France : 24 milliards de la part de l’État et 10 milliards d’euros déboursés par les particuliers, essentiellement pour l’hébergement en établissements spécialisés. Ces dépenses devraient augmenter de 10 milliards d’euros par an dès 2040.

En moyenne, le coût d’une place en maison de retraite s’élève à 2 800 euros par mois. Faute de moyens, huit personnes dépendantes sur dix doivent faire appel à un proche pour contribuer aux coûts de leur prise en charge (en moyenne entre 350 et 500 euros par mois).

Où peut-on s’informer ?

Les sources d’information sont variées :

  • Les centres locaux d’informations et de coordinations (CLIC) : ce sont des lieux d’informations de proximité destinés aux personnes âgées
  • Les CCAS de chaque commune
  • Les différents réseaux de santé aident et accompagnent l’organisation de tous les services suscités en ciblant une réponse adaptée et individuelle pour une personne en perte d’autonomie.
  • Les associations et service à la personne âgée sur l’ensemble du territoire.

Source : plan national d’action de prévention de la perte d’autonomie sur le site social-sante.gouv.fr

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